De la difficulté d’être une personne trop…

Hello !

J’aborde un thème qui me tient à cœur en ce moment : les relations humaines. Et clairement, je n’y comprends rien.

Depuis assez jeune, j’ai commencé à avoir des gens autour de moi, mais très peu pour commencer. Ensuite, en fin de collège et lycée j’étais entourée mais si seule dans un sens. Seule dans mon monde qui ne colle pas au monde extérieur. A espérer tomber sur quelqu’un comme moi, de loyal, juste, qui ne brosse pas dans le sens du poil, vrai… Qui ne me voit pas juste comme un clown ou juste une tête d’ampoule. Je ne supporte pas les groupes exclusivement féminins, car jacasser ça ne m’intéresse pas. Besoin de relations profondes.

Niveau réactions : je ne sais pas prendre de recul, je suis impulsive et réagis à chaud. Les choses me paraissent très claires mais après réactions on me fait souvent remarquer que je suis entière. Qu’est ce que l’entièreté ? j’en sais rien. Je sais que je suis dans les excès, que ce soit dans la gentillesse ou dans la « chiennerie ». Ce que j’appelle chiennerie est l’étape après la sensation d’avoir été prise pour une conne. Je pourrais m’acharner comme un pitbull sur un enfant sauf que ça finit toujours par me retomber dessus.

J’en profite pour indiquer que j’ai un souci qui me fait parfois mal interpréter les propos de mon interloculeur, un souci dont j’ai pris conscience à 31 ans et comme on dit, vaut mieux tard que jamais. Ce « souci » est le syndrome d’Asperger. Certains le vivent bien, je le vis comme un handicap social. De l’extérieur on ne voit rien. De l’intérieur, tout est vécu avec une telle violence : le monde extérieur, les trahisons, l’injustice…. Je ne sais pas quand je dois parler ou non. Je ne sais pas m’arrêter quand je suis lancée et quand quelqu’un me fait remarquer que j’ai dépassé les bornes des limites, je me sens tellement coupable. Je ne l’avais jamais indiqué ici car je ne m’en rendais pas compte. Etre dans la suradaptation permanente pour plaire au maximum des personnes, ne jamais décevoir qui que ce soit, et un tas de techniques d’évitement, de non confrontation, d’esquives, sont des comportements pour masquer ce trouble autistique.

Ce souci est encore un truc où on croit que je cherche à me mettre en avant, comme ma surdouance : croyez-moi, c’est un joli cadeau empoisonné. Qui ne se voit pas. Mais qui est responsable de tas de choses.

En vraie handicapée sociale que je suis, ai toujours favorisé les contacts online : blogs, chats, msn, skype, etc etc. Je suis très à l’aise dessus. C’est IRL que le bas blesse. Perte de mes moyens +++ comme avant un entretien d’embauche, sauf que je ne joue pas ma vie… et pourtant à chaque interaction, on dirait qu’intérieurement je la joue, la remets sur le tapis sans cesse.

Sans savoir ce qu’il est bon de dire ou pas, je dis tout. Et là, encore une fois le bas blesse. Prétentieuse, hautaine, madame je sais tout, foutteuse de merde, j’en ai eu des adjectifs qualificatifs plaisants. Mais je suis trop honnête. Trop gentille. Trop. TROP EN TOUT.

Et je sais pas qui ça intéresse d’avoir comme amie une timbrée névrosée qui remet tout en question à chaque nouveau petit truc qui débarque, qui ressasse un maximum pour s’améliorer mais qui revit son passé sans cesse. Une personne qui veut à tout prix prévenir les autres et qui se fera fermer le caquet car elle met mal à l’aise les autres. Syndrome de Cassandre pour ceux qui connaissent. J’ai aussi une sorte de radar, de côté où je capte des choses sur les gens, comme ce sont des choses qui ne se « palpent » pas, je suis mytho, j’invente. Pourtant les choses se prouvent et je dois rester spectatrice. Quoi en faire ?

Je sais pas ce que je dois faire de ce « trop », de ce « plus », de ce « surdon », de ce « syndrome ». Il est certain que dans tout ce qui est créatif ça m’avantage, mais pour le reste ? On en fait quoi de tout ça ?

Combien de fois je me suis entendue dire : « je vais finir mère-chat avec mes 18 chats et ferai chier personne ». Car il faut savoir que je prends en considération ce que tout le monde dit. Fait. Comme une personne un peu trop premier degré. Je retiens, j’observe, j’analyse. Et je me dis toujours que je ferais moins chier les gens et que je me poserais moins de questions dans ma grotte au fin fond des bois.

Bref, petit épanchement.

A bientôt !signature